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Zadiste

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Que vont faire les zadistes ? C’est la question qu’on se pose après l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes. Et qu’appelle-t-on les zadistes ? Les 150 personnes ou un peu plus, installées dans le périmètre initialement prévu pour aménager l’aéroport, et qui voulaient exploiter la terre, la cultiver, mais aussi occuper le terrain pour s’opposer à sa transformation. Pourquoi zadistes ? Parce qu’ils se sont installés sur une zad. C’est-à-dire une zone à aménagement différé, un territoire sur lequel est prévu un aménagement public, et pour lequel on veut éviter la spéculation. Et les militants qui s’insurgeaient contre l’édification d’un aéroport ont requalifié ces lieux en gardant le sigle, les initiales, mais en changeant la suite : zad : zone à défendre. Ainsi sont nés les zadistes qui font beaucoup parler d’eux en ce moment.

Mais ces mots bizarres qui commencent par un « z » ne sont pas nés d’hier : mots d’une syllabe qui sont en fait des acronymes, c'est-à-dire des suites d’initiales qui se prononcent comme un mot.

Et l’un des plus anciens, c’est zup, né au début des années 60 : zone à urbaniser en priorité. On est dans cette période assez faste, après la guerre, qu’on a appelé les trente glorieuses. Du travail pour presque tout le monde. Ce qui a comme conséquence un gros exode rural : on se masse en ville, et autour des villes quand il n’y a plus de place à l’intérieur de la cité. L’immigration des travailleurs, surtout algériens, est importante aussi : des hommes souvent sans femme et sans famille viennent travailler en France. Où vivent-ils ? Souvent entassés dans des logements insalubres, dans des bidonvilles, comme ceux de la région parisienne. Et à la place, on envisage souvent des zones à aménager, où construire des habitations peu chères. Les zup vont naitre. Un progrès évident sur les bidonvilles. Mais des problèmes à terme, avec des cités ans beauté, sans mixité sociale. On améliore les zup en créant les zac, les zones d’aménagement concerté. L’habitat devient plus familial, les enfants, puis les adolescents vont à l’école, et là tout n’est pas toujours rose. Et voilà les zep qui entrent en lice, les zones d’éducation prioritaire dont la vocation est de lutter contre le système scolaire.

Mais on voit bien que ce mot de zone est toujours lié à un lieu à lieu difficile. Et souvent un lieu mal défini. Non pas le centre-ville, la ville bourgeoise, la ville proche de ses symboles, mais une périphérie qui se cherche et où se retrouvent tous ceux qui n’ont pas une position et une identité absolument officielles.

Et bien que ces zones soient récupérées par la langue administrative, le mot se souvient de ce qu’a été son emploi jusqu’aux années 60, jusqu’à ce que ces zup et zep voient le jour : ce qu’on a appelé la zone, c’était les terrains vagues, les endroits qui n’étaient certainement pas de la campagne, mais dont on se disait que ce n’était plus exactement la ville, les espaces abandonnés et un peu sordides. De là l’expression zoner, qui signifie aller au hasard, sans but, et sans grande réussite.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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