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Bluff

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Coup de bluff ou pas. C’est l’interrogation posée par la rédaction de RFI devant la salve de tweets, c’est-à-dire la série rapide et répétée de ces messages tweetés par Donald Trump à propos des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. En tout cas le président américain menace d’appliquer des droits de douane supplémentaires très importants sur des produits chinois à partir de vendredi. Les Chinois vont-ils réagir, s’affoler, durcir leur position, prendre peur, lâcher du lest ? Les relations diplomatiques sont rarement aussi tranchées, mais si on peut évoquer ces réactions, c’est à cause de l’expression employée : bluff. Et le mot vient bien sûr du vocabulaire des jeux et notamment du poker. Jeu de cartes populaire, très lié à une imagerie américaine, même si des jeux un peu semblables et plus anciens ont été pratiqués en Europe depuis longtemps. Jeu de hasard, un peu, mais surtout jeu de psychologie. Il faut avoir du jeu pour gagner, mais les cartes de chacun ne se découvrent qu’en fin de partie. Ou même parfois pas du tout ! Car on mise un peu à l’aveugle, à partir du jeu que le hasard nous a attribué et de ce qu’on pense qu’aura l’adversaire. Et par les risques qu’on prend, on donne une idée de ce qu’on possède. C’est donc une stratégie où l’on va impressionner l’autre. On peut parfois gagner sans rien avoir du tout entre les mains. Le tout est de convaincre l’adversaire qu’on est très puissant, même si on ne l’est pas du tout. Si on lui fait suffisamment peur, il abandonne la partie, et vous raflez la mise. Le bluff consiste justement mimer la puissance quand on ne l’a pas. Avoir l’air sûr de soi, désinvolte. Ou parfois au contraire avoir l’air de ne pas avoir l’air. Comme si on avait du jeu, mais qu’on craignait que ça se voie. Et donc feindre la timidité, faire le faible qui ne veut pas montrer sa puissance, et par là même persuader l’autre qu’on est très fort, alors qu’en fait on ne l’est pas du tout. Mille ruses sont donc possibles.

Mais lorsque le mot est utilisé dans d’autres circonstances que celles du poker – et c’est bien souvent le cas – le bluff évoque toujours le même comportement : gonfler les bras pour faire croire à des biceps qui n’existent pas. Et souvent cela revient à une menace : on laisse entendre qu’on va attaquer, alors qu’on n’en a pas les moyens ni surtout l’intention. Mais on veut faire peur, on hausse le ton, on fronce les sourcils. Pour intimider. Faire croire qu’on va faire quelque chose qu’on ne fera pas ! On bluffe donc, puisque le verbe bluffer est couramment employé.

On pourrait croire que tout cela est l’équivalent de ce qu’on entend en bon français par esbroufe. Je dis bon français alors qu’on sait bien qu’il s’agit d’un langage bien familier. Mais les emplois ne sont pas exactement les mêmes. L’esbroufe peut se ramener au bluff. Mais souvent elle est faite sans esprit de gain. Pour se construire une image valorisante et être admiré, pour faire grosse impression sans que ce soit nécessairement dans un rapport de force. Le verbe, s’il a existé, n’est plus guère employé : esbroufer ? Cela fait bien désuet !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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